Des trucs écrits

#Cadaujac #ÉlectionsMunicipales2026 #Cadaujac2026

Ce sont bientôt les élections municipales et Cadaujac ne fait pas exception à la règle. Je me alors demandé ce qui a été réellement fait dans le programme de l'équipe qui a remporté les dernières élections.

Quelques rappels

Lors de l'élection municipale, nous étions en plein confinement pour cause d'épidémie de COVID. Cet élément ne peut donc pas être invoqué pour justifier un quelconque renoncement ou retard. La situation était parfaitement connue, et les difficultés largement anticipables.

La liste élue en 2020 était constituée en partie de celle de 2014, dont le maire, Francis Gazeau. Des gens largement rompus aux élections et aux sièges qu'ils prétendaient vouloir obtenir.

le programme de Francis Gazeau a été archivé par la Wayback Machine. Il s'agit donc du programme qu'il affichait en 2020, au moment de l'élection.

La classification

Je ne fais que reprendre les différents éléments du programme proposé, que j'ai classé ainsi

  • Fait : la proposition a été réalisée, parfois partiellement.
  • Je ne sais pas : je n'en sais rien. Le sujet ne m'intéresse pas ou ne me concerne pas, je n'y ai pas prêté attention. Ces propositions pourraient être classées dans les autres catégories
  • Pas vu : la proposition n'a pas été réalisée. Pour certaines, je peux me tromper mais si elle avait réellement été mise en oeuvre, nous en aurions nécessairement entendu parler.

Le programme

NDR = note du rédacteur. Tout le reste est dans le programme.

Poursuivre une gestion financière rigoureuse et transparente

Pas vu

  • Intégrer dans tous les projets une démarche environnementale vertueuse. (NDR : cette démarche environnementale vertueuse n'a jamais été mise en avant et ne dépasse pas le cadre de ce qui est imposé par la loi. Il n'y a aucune ambition environnementale)
  • Agrandissement du restaurant scolaire pour maintenir et développer la cuisine faite maison, naturelle ou BIO. Reconstruction du pôle jeunesse. (NDR : je n'ai jamais entendu parler de fait maison ou de bio)
  • Mise en place d’une navette gratuite multimodale dès que la réglementation nous le permettra pour relier la gare, l’aire de covoiturage, la zone économique, le Bourg, le Bouscaut et le tramway.
  • Réaliser systématiquement lors de nouveaux aménagements de voiries, des pistes cyclables et des trottoirs accessibles à tous. (NDR : C'est simplement un rappel de la loi, mais même ça n'est pas fait.)
  • Aménagement d’un parking au Bouscaut.
  • Intensifier la sécurisation à l’entrée de la commune par un mini rond-point route de Courréjean. (NDR : c'est le truc devant l'école, qui devrait être considéré comme mini rond-point ?)
  • Réhabiliter le château de Cadaujac avec l’aide de la Fondation du patrimoine, pour qu’il soit un haut- lieu culturel, événementiel pour les habitants (expositions, concerts, conférences). (NDR : le château est à l'abandon depuis des dizaines d'années)
  • Installation de nouveaux abribus et de bancs. (NDR : à certains endroits, les enfants attendent sous la pluie, sans un abri)

Je ne sais pas

  • Création de trois salles de classes supplémentaires et lancement d’une étude pour un nouveau groupe scolaire.
  • Dans la future salle des fêtes, création d’une régie pour des concerts et spectacles. Acoustique de grande qualité. Aménagement d’une nouvelle cuisine.
  • Rénovation des bâtiments associatifs. Amélioration et aménagements des équipements sportifs et culturels pour répondre aux besoins des associations.
  • Réaménagement du quartier Marguerites, Laitières, Poquet par la sécurisation (inondations vitesse) protections phoniques, embellissement.
  • Réalisation d’une résidence pour personnes âgées et des logements pour les jeunes à la Grâce tout en préservant la bâtisse.

Fait

  • ... ?

Environnement # qualité de vie  # CADAUJAC

Actions écologiques pour conserver notre qualité de vie.

Pas vu

  • Elaboration d’un schéma de déplacements alternatifs pour vélos et piétons. (NDR : il semble qu'une réflexion ait été engagée, mais le seul aménagement visible, un chaussidou que personne ne respecte en plein centre ville, n'en est pas un et ne correspond pas à l'aménagement qui avait été décidé. Par ailleurs, rien n'est fait pour les piétons our les PMR, la qualité des trottoirs est lamentable, lorsqu'ils existent)
  • Etendre les chemins de randonnées vers la Garonne accessibles à tous et envisager une boucle reliant Villenave d’Ornon.
  • Accueil sur la commune d’agriculteurs ou d’éleveurs Bio.
  • Développer les aires de co-voiturage. (NDR : ça n'existe pas plus qu'avant)

Je ne sais pas

  • Réviser et modifier le PLU pour répondre aux attentes des Cadaujacais toujours dans le respect de l’environnement et du principe « la nature au bout de la rue » Maintien d’une hauteur maximum des habitations à R+1.
  • Intégrer les voies privées dans le domaine public en accord avec les propriétaires (Broustey-Conilh, impasse du Général de Gaulle, allée du muguet, des lilas, lotissement de la Péguillere etc).
  • Continuer l’extension du réseau d’assainissement collectif.
  • Développer les services municipaux de proximité : Renforcer la police municipale, créer un pôle communication pour mieux faire connaître les actions municipales et encourager la participation citoyenne. Ouvrir un service carte d’identité et passeport à la mairie.

Fait

  • Développer les services municipaux de proximité : Renforcer la police municipale, créer un pôle communication pour mieux faire connaître les actions municipales et encourager la participation citoyenne. Ouvrir un service carte d’identité et passeport à la mairie. (NDR : ce dernier item a été réalisé)
  • Garantir le maintien des services de la poste sur Cadaujac. (NDR : on peut critiquer la méthode (agence communale dans la mairie) mais ça existe. En revanche, depuis peu, ce n'est plus accessible le samedi, mais uniquement en semaine, au moment où la plupart d'entre nous n'est pas disponible.)

Emplois, jeunesse, actions sociales 

Pas vu

  • Créer une école du vélo, d’événements (Fête du vélo, Bourses aux vélos d’occasions, ateliers de réparations participatifs) avec l’aide des associations de la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette). (NDR : Rien n'est fait pour les déplacements à vélo : ni infrastructure, ni culture locale. Parmi les villes ayant été classées en Gironde dans le dernier baromètre vélo, Cadaujac fait partie du top 3 des plus mal classées.)
  • Sensibiliser au comportement des animaux. Promouvoir les actions des associations de défense des animaux domestiques (conférences, expositions, événements.Interventions d’éducateurs canins à l’école.)

Je ne sais pas

  • Création d’emplois avec l’aménagement de la zone d’activité économique de la châtaigneraie (RD 1113.)
  • Développer les échanges avec les Assistantes Maternelles par des rencontres régulières.
  • Aide financière pour aider à passer le permis de conduire sur le principe du donnant-donnant.
  • Etendre la gratuité de la petite salle des fêtes de 16 à 30 ans pour les anniversaires des jeunes domiciliés à Cadaujac.
  • Poursuivre l’ouverture du centre de loisirs durant toutes les vacances et développer les séjours en France et à l’étranger. (NDR : Je doute que les séjours en France et à l'étranger aient été développés : nous en aurions nécessairement entendu parler.)
  • Développer les fêtes pour les familles et les enfants (Halloween-chasse à l’œuf-carnaval).
  • Sensibiliser les enfants à l’inclusion des personnes en situation de handicap, et participer à la semaine du handicap.

Fait

  • Ben... ?

Bien-vivre ensemble, identité

Renforcer le bien-vivre ensemble et l’identité de Cadaujac

Pas vu

  • Créer les trophées d’excellence pour mettre à l’honneur des Cadaujacais.
  • Doubler le montant des subventions exceptionnelles pour les associations porteuses de projet. (NDR : Là encore, j'en doute, on en aurait entendu parler. Qui plus est, il est de notoriété publique que l'équipe municipale a une gestion clientéliste des subventions accordées aux associations.)
  • Budget participatif : Inscription au budget d’une somme dédiée au soutien d’un projet d’initiative citoyenne.
  • Obtenir le label “ville prudente“ et prendre les mesures nécessaires en matière de sécurité et de prévention routière. (NDR : Je me demande bien comment il aurait été possible d'obtenir ce label à Cadaujac, vu la très relative sécurité routière dans cette ville.)
  • Etendre le dispositif “Voisins vigilants et solidaires“ à l’ensemble des quartiers pour diminuer le nombre de cambriolages. (NDR : Encore heureux que ça n'ait pas été fait. Le dispositif voisins vigilants est un dispositif privé qui n'a jamais démontré son efficacité, la société porteuse refusant de communiquer des chiffres. C'est un coût pour la ville, pas un avantage.)
  • Encourager le BIO et l’artisanat local. (NDR : Rien, le néant)
  • Organisation de grands marchés à l’image du marché de Noël plusieurs fois dans l’année ouverts à l’alimentaire, à l’artisanat, à la décoration, aux associations Cadaujacaises.
  • Valoriser le commerce local en renforçant la signalétique.
  • Projet GPSO  : Soutien des actions de la communauté de communes de Montesquieu afin d’utiliser tous les recours juridiques. Vigilance totale par la relance du groupe de travail composé de citoyens et d’élus afin de faire respecter toutes les avancées que nous avons obtenues depuis 2005 (écrans anti-bruit, pistes cyclables rue des Marguerites, route de Saint Médard, avenue du Général de Gaulle, passage souterrain rue Plombard dimensionné pour laisser passer les voitures, les vélos et les piétons). Créer une cellule juridique afin de se faire respecter et lutter contre les désagréments dans les secteurs impactés. (NDR : L'intervention de la ville dans ce dossier est scandaleuse. Au final, les habitants subissent les travaux, y compris de nuit, et ce qui a été exigé de GPSO rendra la ville moins circulable en réduisant le nombre de points de passage de la voie ferrée, pour un bénéfice absolument nul pour ses habitants (le TGV ne s'y arrêtera évidemment pas, et il n'est pas prévu plus de trains du quotidien))

Je ne sais pas

  • Accueil personnalisé des nouveaux arrivants en janvier et septembre.
  • Rencontres « dialogue direct » dans les quartiers sur des sujets concernant l’amélioration du cadre de vie. (NDR : C'est peut-être fait, mais j'habite un de ces quartiers et je n'ai pas souvenir d'avoir été invité d'une quelconque manière en 6 ans.)
  • Poursuivre le maintien à domicile des personnes âgées et handicapées.
  • Maintenir les navettes, les sorties, les repas, le goûter dansant, les colis de Noël pour nos aînés.
  • Lancer la plantation d’arbres intergénérationnelle avec les enfants de la grande section de maternelle et poursuivre les vendanges avec les élèves de CE1.
  • Développer les actions littéraires et les animations à la bibliothèque et poursuivre nos actions pour la mise en valeur du patrimoine communal. (NDR : La bibliothèque est dynamique grâce à la bibliothécaire. Quel est le rôle de la ville dans ce dynamisme ? Comment est ce que ça a été développé ? Le maire n'en parle jamais, pas plus qu'il ne la valorise.)

Fait

  • Création de nouvelles animations festives avec les associations : paëlla, omelette géante, cinéma de plein air, trocs des plantes, fête des vendanges, repas des motards solidaires... (NDR : Le troc des plantes oui, le reste non)
  • Maintenir le Forum des associations et créer le Forum des jeunes, le Forum du bien-être, le Forum des seniors et du handicap. (NDR : Le forum des associations existe toujours, comme à peu près partout en France. Pour le reste, je n'ai rien vu)
  • Déplacer le marché place de l’église plus accessible et plus visible. (NDR : Ce marché n'a jamais fonctionné, ni sur la place de l'église ni ailleurs. Aucun Attrait, 3 commerçants faute de clients)

En 2023, je n'ai lu aucun livre. Ce qui est habituel pour beaucoup de monde – ne pas lire – ne l'est pas pour moi. Les livres sont pour moi un moyen d'évasion, de déconnexion du monde environnant, de retour sur moi. C'est une méthode facile pour m'échapper, mettre mon esprit en mouvement et lui permettre de s'offrir une respiration. Cette respiration est utile en tout temps et parfois absolument nécessaire.

Aussi, passer une année entière sans lire est un événement marquant dans ma vie. C'est le signe d'un déséquilibre, d'une rupture, d'un dysfonctionnement, d'un vide creusé par la vie. Cet événement touche ma santé mentale, ou plus exactement, c'est ma santé mentale qui a provoqué cet événement : j'étais tellement mal en point que je ne parvenais pas à essayer de lire. Relisez bien : je ne parvenais pas à essayer de lire. Le geste même de prendre un livre et de l'ouvrir pour en consulter le contenu s'est avéré irréalisable pendant une année entière.

Je lis habituellement aussi bien des romans que des bandes dessinées. Même si vous avez un rapport lointain avec la bande dessinée, vous devez comprendre qu'il s'agit aussi de lecture, dès qu'on dépasse le stade des Schtroumpfs. Mon activité de lecture est assez ritualisée : le livre se lit en fin de journée, plutôt dans un lit. C'est une découverte, mais aussi un moment de repli et de calme. Je n'aime pas être interrompu dans ma lecture, et elle se termine généralement par le sommeil. Ne pas pouvoir lire même une simple BD signifiait que ma santé mentale était au plus bas. C'est cette année là que j'ai écrit : “Je pense que je ne vais pas bien.” . J'y ai écrit à quel point ma vie mentale est difficile et solitaire, à quel point je me sentais au bord du gouffre. Il m'aura fallu encore plusieurs mois après ce texte pour parvenir à m'engager dans une psychothérapie.

En 2024, j'ai recommencé à lire, un peu. Quelques livres, des BDs acquises en 2023 et laissées de côté. Mon esprit a décidé de reprendre le dessus. Les livres redeviennent une bouée de sauvetage. Ils sont précieux, en version numérique comme en version papier. Ils étaient en faible nombre en 2024 et je m'accroche à cette bouée en 2025. C'est une partie de ma thérapie.

#SanteMentale #Lecture

Le Pen a été condamnée par un tribunal, et la société française n'en peut plus de vibrer au rythme des soubresauts de cette décision judiciaire. Et ce n'est pas tant le fait qu'elle soit condamnée qu'une partie de la peine, qui la rend inéligible.

Parmi les réactions, celles des autres politiques, quels qu'ils soient, est à la fois troublante et tellement prévisible. Ces gens se pensent différents. N'ont ils d'ailleurs pas décidé de mettre en place une justice d'exception, composées d'eux-mêmes, qui ne condamne personne, appelée la Cour de Justice de la République ?

Ces réactions, en particulier celles qui relèvent du complotisme (la soit-disant République des Juges), alimentent un autre torrent : celui de la défiance envers eux et de leur rejet. Entendons nous : aucun politicien n'a intérêt à voir les électeurs revenir dans les parloirs. Parce que plus d'électeurs signifie plus de gens à convaincre. Si je devais grossir le trait, devoir éclairer les visages de cent personnes à coup de promesses, c'est nettement plus simple que de devoir le faire pour un million de personnes.

Ainsi, s'il y a moins d'électeurs, en tant que politicien, il y a moins de travail à faire. Mais il n'y pas plus de légitimité à obtenir. Une fois l'élection acquise, on peut se proclamer... élu, ce qui semble emporter la légitimité, puisqu'aucune discussion supplémentaire n'aura lieu, aucune remise en question. A-t-on vu des manifestations pour contester un élu de pacotille ? Aucune. “J'ai été élu par les citoyens.” is the new “L'État c'est moi”.

Mais revenons à Le Pen. Elle est condamnée, elle ne peut pas se présenter à une élection pour l'instant. Une part de ses congénères s'interroge ou s'insurge : “Est ce normal ?”, “C'est troublant”, “C'est un complot”. Elle est même invitée au 20h après sa condamnation, parce que c'est un coup télévisuel. Je n'ai pas souvenir qu'aucun autre condamné ait été invité de la sorte : rappelons qu'elle est aussi condamnée à de la prison et pas uniquement avec sursis. Il aurait pu y avoir un mandat de dépôt. Imaginons la scène : on aurait parlé de dictature, de prison politique, de suppression des opposants.

Alors qu'il s'agit de justice. Une justice administrée par un tribunal, qui a prononcé une condamnation sur la base de faits, et en vertu de lois. Ces lois votées par les députés dont Le Pen fait partie. Une partie des réactions vient bien moins de la condamnation elle-même que du fait que ceux qui réagissent s'aperçoivent que la loi qu'ils fabriquent eux-mêmes ne les protège pas assez. Finalement ils n'ont pas assez mesuré les conséquences de leurs actes, de leurs écrits. Ils ne se sont pas suffisamment protégés, ou pas suffisamment vite. La justice, bien qu'elle ait dû prendre son temps faute de moyens suffisant pour être diligente, parvient quand même à être plus rapide qu'eux.

Ils pourraient alors tomber du fait de leurs délits et de leurs crimes, de leur prétention et de leur absence d'humilité, de leur oubli de leur rôle de garant de l'intérêt général qu'ils ont remplacé par leur intérêt particulier. Et cette chute ne viendrait pas de quelques centaines de personnes qu'ils parviennent à manipuler, à endormir, à retourner, mais de l'action froide de la loi qu'ils ont construite. Effectivement, cela doit être troublant, pas normal vu de leur fenêtre.

Mais ça ne concerne qu'eux et personne d'autre. Ils ont oublié la probité, la transparence, l'abnégation au profit de leur pouvoir. Ce pouvoir a étouffé Le Pen. Gageons et espérons que d'autres suivront, pour le bien de la société française.

#LePen

C'est très choquant, ce meurtre d'un cycliste par un conducteur de SUV.

Très, vraiment.

Un choc qui aliment un peu plus le sentiment d'injustice, d'impuissance, d'abandon, de société qui se dégrade encore et encore. La bagnole est devenu un objet de domination, de contrôle de l'autre et de l'importance qu'on lui accorde, le vecteur d'un imaginaire qui n'existe évidemment pas.

Coïncidence, ce fait divers (quelle affreuse expression) intervient juste après que RAPasso ait publié son rapport sur la publicité automobile

Les 2 événements n'ont pas de relation, hormis le fait que cet univers fantasmé véhiculé par la publicité est devenu une des composantes de notre société et n'est pas sans conséquence sur le comportement des motorisés. Voir en permanence, dans ces publicités, des voitures parcourir des villes et des campagnes vidées de leurs occupants n'est sans doute pas neutre sur l'incapacité de certains motorisés à imaginer que dans la vraie vie, loin de cette image aseptisée, la ville ne leur appartient pas, que le partage est la règle, que cette ville ou cette campagne sont des communs et qu'ils doivent composer avec l'autre, en étant conscient de leur propre responsabilité sur la sécurité de cet autre.

Et pendant ce temps, nos gouvernants vont se montrer au salon de l'auto. Combien d'entre eux vont en profiter pour dire aux constructeurs “Plus jamais ça, ok ? Prenez vos responsabilités.”. Aucun.

Il n'y aura pas non plus de mea culpa, de personne. C'est la faute à pas de chance, ou c'est celle du cycliste, ou de tous les cyclistes, ou du conducteur qui n'a pas su garder son sang froid. À la manière des écologistes qui sont responsables de tous les maux de nos sociétés et qui deviennent des pisse-froid à force de répéter ad nauseam ce qui est en train de se produire quand personne ne veut le voir, le cycliste devient celui qu'il faut abattre, parce qu'il empêche l'autre de se déplacer comme il en a envie, ou plutôt comme on lui montre qu'il devrait pouvoir le faire, sans entrave, sans règle de vie commune, sans sanction, sans personne d'autre autour de lui, en toute impunité.

Ce cycliste qui a le culot d'exiger qu'on lui fasse de la place pour lui aussi se déplacer quotidiennement en toute sécurité. Cette place qu'il faut prendre à un objet qui a progressivement colonisé l'espace commun et les esprits étroits, au point de ne plus pouvoir autrement qu'au travers du prisme de l'envie et de l'avidité.

C'est choquant, très. Ce meurtre l'est, comme la trop grande place que notre société accorde à la bagnole .

Une fois que la décision a été prise, me lancer dans cette aventure a été finalement assez simple. C'est même sans doute la partie la plus simple, parce qu'elle ne consiste qu'à organiser des éléments matériels : quel vélo, quel équipement, quel trajet, combien de temps je vais mettre et comment je réorganise ma journée pour qu'elle s'adapte à ce nouveau contexte, quelles conséquences en arrivant au boulot ou en rentrant à la maison... Évidemment, on ne se pose pas toutes ces questions en même temps, certaines viennent avec le temps.

La plus grosse des décisions a été le choix du vélo. Je faisais le choix de remplacer une voiture par un vélo. Mentalement, il m'a été facile de décider de consacrer un budget conséquent (trop) à son achat. J'ai opté pour un modèle neuf parce que je voulais quelque chose de robuste, bien construit, dans lequel je pouvais avoir confiance. J'ai aussi fait le choix d'un modèle assisté électriquement. Ce choix me permettait à cette époque (3 ans) d'accepter plus facilement la distance à parcourir quotidiennement (34 kilomètres). Avec le recul, ce choix rend aussi la décision quotidienne hors vélotaf beaucoup plus simple : n'importe quel trajet à faire devient un prétexte, il est facile de faire le choix de réaliser ce trajet en bicyclette.

Aujourd'hui, j'irais chercher du reconditionné ou de l'occasion. Le marché s'est nettement développé. Les offres sont beaucoup plus nombreuses soit via des places de marché, soit entre particuliers. Même pour un VAE pour lequel la durée de vie de la batterie peut être questionnée, on peut même aller chercher du reconditionnement. Autre avantage : la disponibilité. Il m'aura fallu attendre 10 semaines entre l'achat et la livraison. En reconditionné ou occasion, le vélo est disponible immédiatement. Je ne parle pas non plus de l'impact écologique : pas besoin de consommer des ressources supplémentaires lorsqu'on achète un équipement d'occasion.

Le reste n'a pas d'importance : on achète un équipement de pluie, on va chercher des ressources sur la protection contre le froid, on cherche le meilleur itinéraire en fonction de ses propres impératifs... Ça n'a aucun impact sur le démarrage. Tout ça sera évoqué dans un autre billet.

Pendant longtemps, nous (en tant que foyer avec enfants) avons possédé plusieurs véhicules motorisés à la maison. L'oppression climatique aidant, la suppression d'un de ces moyens est apparue comme une solution pour réduire notre empreinte sur l'environnement.

La prise de décision a été progressive. Était il possible de se passer d'un véhicule à la maison ? Comment pouvions nous compenser cette disparition ? Après tout, notre équipement de l'époque nous permettait d'assurer les activités du foyer, avec une relative liberté, celle que voulaient bien nous laisser ces engins. Mais le simple fait de penser ce véhicule en terme de liberté suffit, dans notre cas, à résoudre le problème : cette liberté (de mouvement) se heurtait à ses conséquences financières et environnementales. La nécessité de l'entretien (je déteste la mécanique), de l'alimentation (en carburant) ou de la préservation des intérêts d'autrui (l'assurance) induisait la nécessité du blocage d'une surface financière conséquente directement orientée vers cette liberté de mouvement.

Était il donc possible de consacrer cet argent à autre chose, sans perdre cette liberté chérie dans des proportions insupportables ? La réponse a été oui. J'imaginais notre vie, ce qu'elle supposait d'engagement auprès des autres membres du foyer, ou auprès de nos proches, amis ou parents, dans un contexte dans lequel une partie de mes déplacements seraient pratiqués autrement. Et mon imagination me menait vers un niveau de faisabilité excellent.

Le seul dernier élément de décision a été psychologique : pourrai je assurer mon déplacement vers mon lieu de travail ? Je travaille à 17km de mon domicile. Quand on n'a pas l'habitude de vélotaffer, ça parait loin. Ma décision a été prise sur une opportunité : j'allais gagner en autonomie. À cette époque, j'utilisais un mix de train et tramway pour réaliser ce trajet. Très confortable, très économique mais avec une forte dépendance : autant le tramway propose des trajets nombreux et réguliers, autant le train (un TER) est soumis à des horaires beaucoup moins flexibles, voire avait tendance à se dégrader. Il était donc fréquent que j'arrive le soir à la maison à 20h, malgré une journée de travail terminée à 18h.

C'est ce gain d'autonomie qui m'a fait prendre la décision de basculer vers la bicyclette. Pour une même fin de journée, j'arrivais à la maison une heure plus tôt qu'en transports en commun.

En me mettant à cette pratique, j'ai donc gagné sur tous les tableaux : financièrement, en temps (même si mon temps de trajet domicile/travail est identique), en empreinte carbone, en autonomie. J'ai même droit à un bonus physique. 34km de bicyclette par jour, même en VAE, c'est une activité physique.

Il m'en reste beaucoup à écrire sur cette aventure, comment je l'ai mise en action, les leçons qu'elle m'a apprises, le retour arrière (spoiler alert : jamais). J'écrirais ça un de ces jours.

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